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Mickaël Vendetta est le nouveau roi du monde libre
Pendant que la Lybie se libère peu à peu, et que le Japon fuit, certaines nouvelles ne sont pas à prendre avec des pincettes, tant elles ont une influence sur le sort du monde en général, et du “monde libre” en particulier.
Il y a quelques jours, dans la soirée, la télé-”réalité” (oui il va peut-être y avoir pas mal de guillemets) a atteint un stade qui officialise une notion depuis longtemps à peine implicite : être connu est une fin en soi.

Cet homme est désormais votre supérieur, il va falloir vous y habituer.
Étrangement, probablement pour donner de l’action et écrire une histoire pour leurs téléspectateurs, les chaînes mainstream proposaient un scénario pour leurs émissions, en ajoutant des ingrédients nouveaux à chaque édition pour éviter les redites. Loft Story permettait au voyeur lambda de se passionner pour la vie sexuelle de jeunes lambda, eux aussi. Mais plus beaux qu’eux. La Star Academy (et d’autres) voulait former des stars, justement, mais construites sur une (relative) base de talent et de travail “artistique” (bon les guillemets parlent d’eux même). Secret Story, un retour à la formule du loft, avec un suspense supplémentaire, insoutenable, puisque chaque protagoniste disposait d’un secret en général complètement loufoque (je veux dire, qui est bisexuel de nos jours, quoi, merde). Heureusement, ils nous ont épargné les cancéreux et les juifs, même si il ne faut jamais parler trop vite.
La dernière valeur ajoutée en date tombe sous le sens, si on accepte l’idée qui sous-tend le bruit médiatique, heureusement encore évitable, qui suit la fin de ces programmes “populaires”, c’est-à-dire : être célèbre, c’est bien, ça rendra ta vie belle. La dernière valeur ajoutée, c’est que la dernière émission en date propose de suivre des gens qui veulent devenir des “vip” (prononcer vipe, en bon français). Là où la manipulation est éminemment grossière, c’est que la grasse maxime précitée ne s’adresse finalement que peu aux candidats, mais surtout aux spectateurs, qui peuvent ainsi s’identifier aux jeunes gens méritants qui ont eu la chance d’entrer dans le “carré vipe” pour cotoyer les “déjà vipe”, ramassis d’anciens candidats n’ayant rien fait de leurs vies à part peut-être un single, enfin bon bref.

Si toi aussi tu veux y entrer, alors : tu sors.
Les gentils cons qui s’abreuveront de ce gentil programme se verront donc expliquer explicitement, et c’est la nouveauté, qu’être un vipe, c’est une fin en soi, et ça te rendra heureux, puisque ça a l’air de rendre heureux tes homologues les veaux qui sont dans la télé (“le principe de Carré Viiip, pour les candidats, est de convaincre le public qu’ils méritent leur place. C’est à celui qui fera le plus de buzz et qui sera le plus populaire qui restera jusqu’au bout”). Plutôt que de rêver d’être admiré pour notre talent, rêvons d’être admirés tout court. Tout cela me révulse presque autant que l’idée des cancéreux de tout à l’heure.
Cerise sur le caca, le monsieur en photo plus haut (ne le regardez pas trop longtemps, ses dents vous rendront aveugles) est le coach de tout ce petit monde, enfin bon, seulement des wannavipe, évidemment, les autres n’ont pas besoin de ses conseils, ils sont déjà connus, on vous dit. Bon, on serait presque tentés de savoir ce que ça peut donner, la plupart des candidats étant déjà particulièrement salés.
Vous me direz que c’est pas super nouveau et que j’avais pas qu’à regarder, plutôt que de râler. Certes. Mais ce serait un peu égoïste que de ne penser qu’à ce que je regarde. De la même manière que ce serait égoïste d’être content de bien manger quand je sais que certains, quelque part, mangent le caca du patron d’endemol, et en sont contents. Impossible dès lors de se plaindre de leur mauvaise haleine. Encore que je veuille bien faire un effort.